Espèce(s) d'animateur

lundi 8 décembre 2014

Discours de clotûre du 18/11/2014



Un petit avant-propos s’impose. Pour replacer ce texte dans son contexte, sachez qu’il est devenu habituel qu’en tant que président du C-paje, je sois amené à intervenir en clôture d’Espèces D’Animateurs avec un écrit réalisé en cours d’après-midi. Texte qui a dès lors les vertus du rédigé à chaud et in situ et les limites du pas maturé, du très inégalement développé et du peu relu.          Cette année, j’ai fait le choix d’une présentation sous forme dialoguée, occasion dès lors de remercier ici Geneviève Cabodi qui en a été  la co-interprète. Précisons encore, pour les absents ou les distraits, que l’édition 2014 d’EDA s’appuyait largement sur la technique du forum ouvert, approche pariant sur l’intelligence et l’expertise collectives (d’où la mention en début de texte d’un mensonge qui consisterait  à faire finalement appel à des « experts »).
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L’intervieweuse : Chers participants, chers spectateurs passifs ou actifs, nous arrivons maintenant au terme de notre journée. C’est aussi le moment de vous avouer que nous vous avons un peu menti, mais vous vous en doutiez. Une journée de travail digne de ce nom ne pouvait évidemment se clôturer sans un panel d’experts. Nous en avons réuni six, et des plus éminents, qui vont répondre à toutes les questions que vous ne manquez pas de vous poser… et même à celles que vous ne vous posez pas…
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L’intervieweuse : Professeur Paribas Fortiche, pour vous, tout cela est économique.
Le Professeur Paribas Fortiche : C’est cela, oui. C’est une loi naturelle. Une loi naturelle du marché. Les inégalités sont motrices, elles génèrent une émulsion centrale quant à la dynamique économique. Moins de pauvres équivaut à moins de riches… et moins de riches équivaut à moins de prospérité.
L’intervieweuse : Cela semble relever du bon sens.
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L’intervieweuse : Professeur Mesuré, à vous entendre, l’équation semble simple à résoudre…
Le Professeur Mesuré : Oui. Tout est question de calcul. L’égalité ne repose que sur des additions et des soustractions savamment orchestrées. Ainsi pourrons-nous tabler sur la multiplication des égalités.
L’intervieweuse : Vous prônez donc une solution chiffrée.
Le Professeur Mesuré : Les écarts trop criants neutralisent la dynamique sociale. Il faut créer des ensembles, regrouper les citoyens par zones de revenus cohérentes. Ainsi, villes, logements, culture, éducation, loisirs, commerces seront adaptés aux attentes et au niveau de la population environnante. Et ainsi, l’égalité quittera le satut d’abstraction pour se transformer en hypothèse vérifiable.
L’intervieweuse : Et 2 et 2 font 4 !
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L’intervieweuse : Professeur Stand-By, vous pensez-vous qu’il n’y a rien à changer… 
Le Professeur Stand-By : Ce qui est inaccessible est hors d’atteinte. La différence est indifférente. Le désir de possession est dépossession du désir. Trop d’avancée n’est qu’un nouveau recul. Qui trop embrase mal consume. Qui ne perd rien n’y gagne pas. Chacun doit assumer sa petitesse pour atteindre sa grandeur. Le changement n’est qu’illusion. L’illusion est l’éphémère de tous les vices.
L’intervieweuse : Manifestement, tout cela est profondément pensé.
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L’intervieweuse : Professeur Nagasaqueux, vous êtes vous plutôt partisan d’une solution radicale ?
Le Professeur Nagasaqueux : De plusieurs solutions, plusieurs, Madame.
L’intervieweuse : Plusieurs, d’accord, mais qui ont toutes en commun une certaine teneur explosive.
Le Professeur Nagasaqueux : Oui, sans doute cela fera-t-il l’effet d’une bombe, mais la survie est à ce prix.
L’intervieweuse : Déployez pour nous votre approche…
Le Professeur Nagasaqueux : Ma première solution apparaît comme la plus énergétiquement rentable. Les pauvres sont en général d’une faible qualité nutritive… mais ils sont présents en grande quantité. On pourrait donc les valider en tant que ressource alimentaire disponible à moindre coût et ainsi leur donner une seconde utilité. Vous vous
L’intervieweuse : Vous vous attaquez à un véritable tabou.
Le Professeur Nagasaqueux : Nous nous apprêtons déjà à consommer des insectes… Pourquoi ne pas consommer nos pauvres ? Dans les deux cas, nous pouvons concevoir des techniques de transformation adéquates et nous évitons ainsi une prolifération ingérable. D’une pierre deux coups.
L’intervieweuse : Vous préconisez aussi une autre approche ?
Le Professeur Nagasaqueux : Oui, c’est une approche un peu spatiale…
L’intervieweuse : Spéciale, dites-vous ?
Le Professeur Nagasaqueux : Non ! Spatiale.
L’intervieweuse : Ah bon ? C’est un peu nébuleux.
Le Professeur Nagasaqueux : Pas du tout ! Il s’agit tout simplement d’utiliser nos avancées spatiales pour affréter des fusées charters et larguer les indésirables dans l’espace.
L’intervieweuse : C’est tout de même problématique…
Le Professeur Nagasaqueux : Oui ! D’un point de vue énergétique essentiellement. Le recours aux fusées est assez coûteux en carburant… Mais évidemment, le manque à gagner serait compensé par les économies sur le plan de la sécurité sociale. Il faut aussi être attentif à l’impact écologique sur la stratosphère. Il serait bien malheureux de générer un nouveau problème en pensant une solution.
L’intervieweuse : on n’est jamais trop prudent.
Le Professeur Nagasaqueux : il ne faut pas mettre le feu aux poudres inutilement.
L’intervieweuse : Je vous remercie.
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L’intervieweuse : Professeur Ecover , vous êtes le fervent partisan d’un retour aux sources.
Le Professeur Ecover : Fondamentalement. L’égalité doit se considérer sur un plan global, non seulement du point de vue humain mais également en accord avec le règne animal, végétal.
L’intervieweuse : Et minéral sans doutes ? (il fronce les sourcils) Serait-ce exagéré ?
Le Professeur Ecover : je ne vous jette pas la pierre. Mais, il faut, lentement mais sûrement, retisser la toile du vivant. Déhiérarchiser nos catégories au profit d’une harmonie naturelle.
L’intervieweuse : Vous êtes conscient qu’il n’y aura pas assez de place pour tout le monde ?
Le Professeur Ecover : La sélection naturelle, Mademoiselle, la sélection naturelle.
L’intervieweuse : Madame.
Le Professeur Ecover : Excusez-moi.
L’intervieweuse : Je vous en prie, vous ne pouviez pas savoir…
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L’intervieweuse : Professeur Sens 
Le Professeur Sens : Euh, vous pouvez m’appeler René.
L’intervieweuse : J’aimerais que vous nous ameniez à une conclusion…
Le Professeur Sens : Euh, oui… Ce serait peut-être un brin prétentieux.
L’intervieweuse : Ne vous sous-estimez pas, René !
Le Professeur Sens : Je serais tenté de dire qu’il n’y a aucune solution aux questions de l’inégalité ou de l’injustice sociale.
L’intervieweuse : Vous voilà fort pessimiste.
Le Professeur Sens : Ce n’est pas un choix. Il faut simplement constater qu’il y a peu de chances que des solutions émergent là où il n’y a pas de volonté de changement.
L’intervieweuse : Cette volonté a pourtant été maintes fois affirmée par la communauté des nations.
Le Professeur Sens : C’est essentiellement une volonté de façade. Et puis, le pouvoir appartient de moins en moins à la sphère politique.
L’intervieweuse : Vous enfoncez des portes ouvertes, René !
Le Professeur Sens : Je constate simplement que l’inégalité est un pilier de notre modèle sociétal et est le garant majeur de l’équilibre mondial.
L’intervieweuse : Vous reconnaissez donc qu’il y a un équilibre ?
Le Professeur Sens : Oui, un équilibre où la force des nantis se nourrit de la faiblesse du plus grand nombre.
L’intervieweuse : Selon vous, les choses sont donc sans espoir ?
Le Professeur Sens : Pas totalement. Le degré de déséquilibre atteint de tels excès que nous sommes en droit de penser qu’il est proche du point de rupture. En outre, à force de rendre la logique économique à un très grand nombre de citoyens, on peut gager que sont en train d’émerger des valeurs parallèles qui sont autant de trésors pour l’humanité en devenir…                                                              Je ne sais pas si c’est la conclusion que vous attendiez… ?
L’intervieweuse: Euh… Je ne sais pas non plus…
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L’intervieweuse : Je vous remercie tous les six pour votre participation et vous cher public pour l’attention consacrée à ce sujet crucial.
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lundi 24 novembre 2014

Entre pauses cafés et cafés serrés

Sous la question générique "Inégalités et Animation : que faire?", l'organisation de jeunesse C-paje a rassemblé cette année encore différentes «Espèces d'animateur» le mardi 18 novembre 2014.
Le constat est là, orphelin dans sa vitrine délavée : cette «sacrée croissance»(1) nous précipite dans le gouffre sans
fonds des inégalités en tous genres, ces mêmes fonds détournés par le paiement cash de la dette publique, légitime,
illégitime, illégale, odieuse.
Dur, dur, ce métier d'animateur, dans les oripeaux de la crise politique, économique, écologique, démocratique,
bancocratique, idéologique, et autres hic. Que fait-on de nos repères d'antan? Quelles sont les balises du jour, les
enjeux demain? La belle suédoise nous laissera-t-elle encore le droit et le devoir d'informer les Jeunes, comprendre
avec eux comment et pourquoi certains jeux sont truqués, certaines démocraties sont bancaires, certaines banques
sont oligarchiques et certains d'entre nous veulent agir autrement, sans tomber dans la potion maléfique?
La parole est au centre - © Jean-Marc Daele
Telle a été la tisane du jour, infusée dans le concept du «Forum ouvert». Voilà pour la forme et le goût,
chacun/chacune étant appelé(e) à créer l'ordre du jour, en direct, déclinant rosa (la question générique) sous
perfusion, sans y perdre son latin.
Pour les contenus, exemple parfumé sur le mode pause café: «Comment contribue-t-on à une société inégalitaire à
travers nos pratiques d'animation, même sans nous en rendre compte? Et que mettre en place pour l'éviter?» Voilà
une question pour la banque Van Breda, mais tel n'était pas le destinataire (quoique!). Une heure pour en extraire de
quoi relancer l'après-midi sur des pistes d'actions, voire des actions tout court.
© Jean-Marc Daele
Pause à midi toujours, invitation à digérer des paroles de Jeunes sur la question du jour, au milieu des sandwiches et des quiches (3).
En guise de cafés plus serrés, servis à chaud pendant la journée, mini-conférences, 15 minutes chacun:

Bruno Poncelet(4), La fabrique législative, les multinationales à l'assaut de la démocratie.
Vicky Gossens (5), Finance débridée et inégalités croissantes.
Nicolas Hirtt (6), Riches et pauvres, inégaux devant l'école.
Annick Deswijsen (7), Les conséquences humaines dramatiques de la politique migratoire belge. 
A-t-on répondu aux questions? Certes non, le Forum ouvert a aussi ses limites, mais rosa s'est creusée, des consciences se sont éveillées, des paroles se sont croisées ; autant d'«émergences» (8), appelées à se concrétiser dans
l'action, en «convergences»(9): que met-on concrètement en place demain, au-delà de la pause d'aujourd'hui? On n'est pas tout seul, «l'amer monte(10)», des alternatives existent, et le monde entier est un village. Le Forum ouvert
est une porte, il faut la franchir et sortir de chez soi.


Roland Denis, espèce d'animateur en voie de disparition, C-paje, Liège


(1) Le film de Marie Monique Robin, vidéo prochainement accessible moyennant inscription sur Ma-replaylist.
(2) (2') © Jean-Marc Daele
(3) Suite au séjour de 25 compagnons bâtisseurs en Belgique, travaillant sur la question avec l'équipe C-paje.
(4) Bruno Poncelet, formateur CEPAG, Centre d'éducation populaire André Genot, animateur de la plateforme No Transat.
(5) Vicky Goosens, ATTAC Liège, Association pour la taxation des transactions financières et l'aide aux citoyens.
(6) Nicolas Hirtt, membre de l'Aped, Appel pour une école démocratique,
(7) Annick Deswijsen, Point d'Appui asbl
(8) dixit Harrison Owen, fondateur du Forum Ouvert.
(9) idem (8)
(10) slogan de la manif. du 6 novembre 2014, Bruxelles.

mercredi 15 octobre 2014

J-34

"Espèce(s) d'Animateur 2014" sera comme chaque année l'occasion de vous réunir entre professionnels de l'animation Enfance Jeunesse dans toute votre diversité de points de vue, de questionnements, de réalités, de doutes, de certitudes, de rêves et de possibles.
Cette année, nous questionnerons ensemble les différentes facettes des inégalités et élaborerons peut-être quelques réponses concrètes autour de cette vaste question : «Inégalités et Animation : que faire ?».

Nous attirons votre attention sur le nombre de places limité cette année. Ne tardez pas pour vous inscrire
 
Invitez vos connaissances professionnelles à cet événement par mail ou via facebook.

Pour cette édition d'"Espèce(s) d'animateur" nous avons choisi d'utiliser la méthodologie du Forum Ouvert. Cette méthode d'animation dynamique permet d'aborder ensemble un sujet de réflexion de façon originale, et de concevoir des solutions ou des mesures variées et concrètes.
Vous serez les ressources essentielles de cette journée !

Nous avons aussi invité quelques autres regards experts et critiques qui auront chacun un axe de questionnement lié aux inégalités. Les heureux élus sont  :Nico Hirtt, Bruno Poncelet (CEPAG), Christine Mahy (RWLP), Annick Deswijsen (Point d'Appui asbl) et Vicky Goossens (ATTAC Liège).

Cette édition sera éclairée par le regard de jeunes européens qui scénographieront de leurs idées critiques l'espace que vous occuperez le 18 novembre prochain. Ceci grâce à une collaboration menée avec Les Compagnons Bâtisseurs asbl.
Empreintes asbl
 
sera aussi une ressource de cette journée.


Et pour déjà vous pencher au préalable sur des déclinaisons possible de la question : *"Le bruit des droits qui craquent" par la Ligue des droits de l'Homme
*"La journée mondiale de lutte contre la pauvreté" le 17 octobre par le RWLP

jeudi 9 octobre 2014

Le coup de coeur de Bruno Poncelet : Cash Investigation

Bruno Poncelet interviendra le 18 novembre prochain.
En attendant, voici un de ses coups de cœur :
 
Cash investigation est une émission de France 2 qui donne envie d’aimer la télé et les journalistes : enquêtes approfondies, zéro langue de bois et questions qui fâchent sont les seuls bagages des réalisateurs arpentant les coulisses obscures du monde des affaires, où ils débusquent tout ce que les entreprises aiment à nous cacher.>>http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/cash-investigation/

mercredi 1 octobre 2014

En train, en vélo ou en voiture, venez !


Le Mundo Namur se trouve à 7 minutes à pied de la gare de Namur
Il est aussi accessible via deux RAVeL en vélo ou en bus.
Pour vous y retrouver facilement consulter ce plan présentant les possibilités des différentes moyens de transports. Vous y trouverez aussi un plan des parking car le Mundo n'a pas son parking. Attention : il est difficile d'échapper aux pv dans le coin.
Si néanmoins il ne vous est pas possible de venir en train ou en vélo, pensez à covoiturer ! (plan google pour calculer votre itinéraire)


J'OFFRE UN COVOITURAGE ce mardi 18 novembre 2014.
Laissez vos propositions en commentaire à cette page, en pensant aux points suivants

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Les inscriptions sont ouvertes !


mercredi 8 janvier 2014

Théâtre : forme et contenu ou le théâtre au service de votre propos (atelier "débattons-nous")

Présentation de l'atelier
Conformez-vous, pliez-vous, taisez-vous ! N’est-il pas temps de réagir ? Débattons-nous ! Débattons-en ! Face à l’indispensable et vitale critique d’un monde qui s’organise pour empêcher toute résistance, venez, avec le « Collectif 1984 », tenter d’agir à sa transformation.

Cet atelier sera, à l'image des activités de cette compagnie de Théâtre-action, une tentative de résister au fatalisme ambiant. Vous y trouverez quelques outils pour extraire d’un groupe de participants du propos, du contenu… une parole collective. Et une façon de porter cette parole !

Conclusions du travail des groupes

Groupe 1
Théâtre = faire semblant

                         +

           exercices progressifs :

                        lâcher-prise ;

                        ouverture à l'autre ;

                        un groupe se forme ;

                        rencontres ;

                        toucher facilité.

→ question : est-ce si facile avec des ados ?

► attitude pas anodine (< non verbal).

► émergence d'une parole due à l'imaginaire dans l'instant retrouvé.

► en 2h, on peut déjà travailler sur le « comment faire passer le message ».

Groupe 2

    Je dis mon prénom, je renvoie le prénom que j'ai reçu. (je reçois, je donne) ;

    être attentif c'est compliqué ;

    on se rencontre, c'est rien mais c'est tout ;

    la simplicité, ce n'est pas une donnée de base, ça s'apprend ;

    le cercle c'est la base ;

    le Monde Intérieur c'est important ;

    la confiance, ça s'apprend ;

    tu ré-explique : c'est la transmission ;

    libérez vos bras, ils n'ont rien fait ;

    stop, stop, stop ;

    ne répond pas à ce qu'il dit ;

    vous n'avez rien compris à l'exercice, il était temps de le dire ;

    les comédiens n'ont pas de tête ;

    comment ne pas être ensemble, ensemble ;

    le regard est offert au monde ;

    tu décides de tes pas ;

    les gens nous agacent ;

    l'espace se rétrécit ;

    la petite musique est dans notre tête ;

    dans le regard de l'autre, on va chercher si on a pas été trop loin ;

    on cherche dans l'oeil, l'être humain devant nous ;

    les acteurs, les acteurs, les acteurs ;

    on a été délocalisé ;

    une rage qui monte ;

    ça se fait du jour au lendemain ;

    les épaules sont basses et les regards ouverts ;

    les choses se travaillent, il faut les répéter ;

    les mots qu'on ne dit pas ;

    on aiguise nos yeux ;

    nous, on donne à voir ;

    c'est une matière de base, on peut l'utiliser ;

    il y a une inquiétude ;

    il y a du repli sur soi ;

    des isolas dans un ensemble ;

    moi aussi, je suis mal à l'aise ;

    la proximité ;

    on se touche un tout petit peu et c'est pas banal ;

    c'est une blague, on peut tout faire ;

    rêvons ensemble ;

    un geste c'est puissant.

Un grand merci à l'animateur de cet atelier (voir ci-dessous), ainsi qu'aux participants.  
Jacques Esnault
Jacques fait de l’animation théâtrale depuis des décennies. Son parcours s’enrichit de la connaissance de l’écriture et de la scène, en tant qu’auteur et comédien, au sein de la compagnie Collectif 1984, depuis 1979.

Pour aller plus loin  
  • Le Festival Particip’Art à Marche-en-Famenne du 11 au 14 février 2014
    Pour cette 3ème édition, le Centre du Théâtre Action a été invité à participer à la conception et à l’organisation du programme. Le fil rouge de cette édition : l’isolement.
    Avec une attention particulière pour le jour 2  autour du thème "Resocialisation et jeunes : le théâtre-action, participation culturelle vers une parole active"
    >Découvrez toutes les infos pratiques et spectacles proposées

"Désinstitutionnalisez-moi ce jeune !" (atelier "postures et impostures")

Présentation de l'atelier
Participez qu’ils disaient ! Mais qui, à quoi et comment ? Quel sens donne votre association à la participation ? De la consultation à la concertation en passant par la co-gestion, jusqu’où votre structure considère cette jeunesse apte à la responsabilité ? Les jeunes sont loin d’être un groupe homogène, alors comment éviter de les institutionnaliser ? Comment les rendre acteurs des décisions qui les concernent ?

Conclusions du travail des groupes 

Groupe 1


Les doutes qui ont traversé le groupe :
Définition de la participation

► participer c'est « faire faire » ?

► « carotte » pour participer ? >< Inaction ;

► uniquement une obligation politique et institutionnelle ;

► (trop) grande attente vis-à-vis des jeunes ;

► quel regard du jeune ? Quelles compétences attendues ?

► variables selon public volontaire >< obligés.

→ participer...dans quel objectif ?

Les certitudes qui ont traversé le groupe :
Participation : différents niveaux (être là, agir, … ).

Les rêves d'action du groupe :
Désobéir, participer plus tôt, plus jeune...et ailleurs.

Réflexions
Participation = remplir le panneau (idées attendues).


Groupe 2

Les doutes qui ont traversé le groupe :

La participation c'est :
    travailler avec/pour les jeunes
    danger : participation → instrumentalisation des différents acteurs ?
    Participation = fatiguant (pour nous adultes aussi !!!)
    malentendu de base (« répondre aux besoins de terrain »).
    → décalage culture institutionnelle >< terrain
    pourquoi...pour qui...la participation ? Rentable ? Vitrine ?


Les certitudes qui ont traversé le groupe :
participation différente, selon différents niveaux, différentes manières.


Les rêves d'action du groupe :
    Participation = réel travail et information des acteurs ;
    débuter le travail avec les plus jeunes (processus long, à commencer tôt) ;
    importance d'aller et être sur le terrain ;
    limiter le découpage (tout le monde réfléchit à la même chose...chacun de son côté) ;

Pistes

Comment « ne pas être mangé » par les aspects de types dérives des institutions.

► quelles compétences attendues des jeunes ;

► quel « pouvoir » donner aux jeunes (//décisions) ?

► démarche d'éducation populaire ;

► importance d'informer, donner accès aux informations → la participation c'est quoi ? Pourquoi ?

► accès, conditions réelles ;

► méthodologie participative ;

► « prendre le temps » tant dans le processus que dans le résultat.

Un grand merci à l'animatrice de cet atelier (voir ci-dessous), ainsi qu'aux participants.  
Lamia Kebboul
Lamia est engagée professionnellement dans la veine de l’Éducation Populaire. Elle a été, tour à tour animatrice, formatrice, directrice, coordinatrice générale, d'asbl en milieu rural ou urbain, en milieu hospitalier et psychiatrique, impliquée dans le développement des politiques locales de l'enfance, de la jeunesse et de la culture. Son engagement professionnel et bénévole n'a eu de cesse de questionner la réelle place laissée aux citoyens pour qu'ils participent activement à leur devenir. Après un détour par l'animation en gérontologie, elle a quitté le sud de la France il y a un an, pour devenir la nouvelle coordinatrice générale du Centre de Formation pour Animateurs asbl de Bruxelles.

"Conférence gesticulée : comment partager vos convictions et vos colères ?" (atelier "débattons-nous")

Présentation de l'atelier
L’idée de la conférence gesticulée est celle d’une transmission, qui n’est JAMAIS autorisée, jamais organisée : la transmission de l’expérience collective, (c’est-à-dire politique) que nous emmagasinons au fil de notre expérience.

La conférence gesticulée est une arme que le peuple se donne à lui-même. C’est une forme volontairement pauvre, pour ne pas être parasitée par des considérations «culturelles» où l’esthétique prendrait le pas sur le politique. Permettre à autrui d’entrer dans notre subjectivité et d’y atteindre l’universel et donc le politique en dévoilant les systèmes de domination à l’œuvre tels que nous les avons vécus.

Nous vous proposions lors de cet atelier de découvrir quelques expériences de création de conférences gesticulées...et d'y réfléchir ensemble.

Conclusions du travail des groupes

Une première précaution se dégage : bien que la Conférence gesticulée soit un concept d'origine française et se veut être un « outil de revendication de gauche anti-capitaliste, vecteur de transformation sociale », le groupe reste divisé quant à adhérer pleinement à ce préalable ; notre rôle n'est pas de fomenter des révolutions, ni de recréer des leader (Marx, Lénine, Mao ...).

Cependant la Conférence Gesticulée apparaît bel et bien comme un outil opérationnel, à la portée de l'encadrant Jeunesse, à condition que le questionnement de celui-ci aille au-delà de son propos : en d'autres termes, si nous souhaitons accompagner le Jeunes (notre mission) dans ses positionnements, son émancipation, en quoi sommes-nous crédibles dans nos positionnements au-delà de nos propos ? Quelle est notre attitude, notre posture personnelle dans notre vie quotidienne, professionnelle et personnelle ?

C'est une réponse à la question générique : la Conférence gesticulée apparaît comme un outil d'émancipation à condition que l'encadrant agisse d'abord sur lui-même, non seulement en questionnement sur soi, sur le monde, mais en action qui transforme soi et le monde.

Deuxième constat : la CG se décline sur des expertises : des« savoirs chauds » (ceux de l'expérience personnelle du conférencier sur une situation vécue comme injuste et des « savoirs froids », ceux qui éclairent l'injustice au-delà du personnel.
Il ne faut pas nécessairement en conclure que seuls les savoirs froids peuvent expliquer l'injustice, ce qui créerait un clivage (ceux qui savent et ceux qui ne savent pas) ; les savoirs chauds sont une expertise aussi ; les uns et les autres sont indissociables dans le principe de la CG.

Troisième constat/question: on est tous d'accord que le système est à changer, il est défaillant sur plusieurs points. On se pose la question « oui, mais que faire » ?
Si la CG est un outil de transformation sociale, alors mettons-la en pratique afin de laisser aux Jeunes la possibilité de faire leur choix au-travers de la CG, et non les embrigader dans une « lutte de gauche anti-capitaliste », quand bien même ceci serait le choix de l'un ou l'autre.

Quatrième constat/question : la CG ne risque-t-elle pas seulement de convaincre des convaincus ?
Tout dépend à qui on s'adresse.


Doutes, certitudes, souhaits
Bien que la CG se développe face à un public, avec des moyens théâtraux, ce n'est pas à proprement parler du théâtre : on peut programmer une CG ailleurs que sur une scène théâtrale, il ne faut pas de talents d'acteur ou conférencier, ou encore artiste. Elle peut se construire individuellement ou collectivement. Elle est assez proche de ce qui se développe en Belgique sous le label « Théâtre Action ».

Elle demande cependant une préparation, une formation en amont sur du long terme (travail sur soi, recherche des savoir-froids, articulations entre savoirs chauds et froids, animer un débat après. D'autres outils peuvent s'intégrer dans la CG : « le porteur de parole », le débat mouvant », « la désintoxiation du langage » ...
C'est un outil très opérationnel pour animer des débats avec des Jeunes, les faire réfléchir, réagir, nourrir leur réflexion (liens entre les injustices vécues personnellement et le contexte socio-économique et politique).

Demande

Compte-tenu de la qualité qui ressort de l'outil présenté et des échanges, une demande majoritiare conclut l'atelier : développer des formations en Conférence gesticulée dans le milieu animateur, enseignant, en Belgique.

Un grand merci aux personnes ressources de cet atelier (voir ci-dessous), ainsi qu'aux participants.
Thomas Predour
En juillet 2012, lors du festival Le Manifeste, il a participé à la création d'une conférence gesticulée collective sur le thème de l'argent. Cette expérience insolite lui a donné l'envie de découvrir la démarche proposée par la coopérative Le Pavé. Il a ainsi suivi plusieurs formations avec eux pour découvrir et s'approprier leurs outils d'Education Populaire. Il programme également des conférences gesticulées à La Vénerie(Centre culturel de Watermael-Boitsfort) où il est animateur-directeur. Mais ceci n'est qu'un début !
Geneviève Cabodi
Animatrice et formatrice, Geneviève est aussi comédienne dans une cie de théâtre de rue, la cie des chemins de terre. Elle suit actuellement la formation chez Scop le Pavé pour devenir conférencier-gesticulant et donc construire une conférence gesticulée.


Pour aller plus loin

-mardi 28 janvier 2014 de 9h à 16h30 au Centre culturel de Seraing
Journée de rencontres professionnelles « Faire équipe autour d’une action culturelle renouvellée - Entre désirs et moyens: avec quelles méthodes, avec quelles compétences, avec quels outils? »
+ d'infos sur www.centresculturels.be

-Consultez le site de la scop le pavé

Animateur, un acteur d'influence ? (atelier "postures et impostures")

Présentation de l'atelier

Un jour, vous avez décidé de devenir animateur, acteur du monde de la jeunesse.
Cette responsabilité professionnelle vous la partagez avec votre structure.
Comment utilisez-vous ce pouvoir d'action ? Quels outils avez-vous pour contester, dénoncer, agir, intervenir ? Détenez-vous vraiment ce pouvoir d'influence ?

Conclusions du travail des groupes

Les certitudes :
  • Refus d'être instrumentalisé ;
  • Le niveau local est directement accessible pour avoir une zone d'influence 
  •  On avance par petits pas ;
  • On a un pouvoir d'influence sur l'esprit critique, donner du sens, offrir des choix à nos publics ;
  • C'est pas avec une politique globale que l'on peut faire bouger les choses ;
  • Il existe différentes stratégies pour influencer le monde politique.
Les doutes :
  • A-t-on de l'influence sur la politique ?
  • Doit-on avoir une influence à partir de son point de vue d'animateur/citoyen;
  • Comment avoir un impact clair sur son public quand nous-même on est en questionnement ?
  • A-t-on le pouvoir d'influencer les choses jusqu'à l'impact = - éclaircir les choix - orienter dans choix
  • Que dire/montrer à nos pouvoirs subsidiants ? → Question du risque...
  • Comment faut-il articuler choix éthique/influence/neutralité ?
  • À quoi mesure-t-on l'impact de notre action ? → Au questionnement visé ou au changement dans les représentations.
Les rêves d'action :
  • S'inscrire dans une rapport de force égal en travaillant en réseau ;
  • Avoir plus de cohérence, plus de visibilité ;
  • Réunir différents publics, aller vers plus de mixité, lutter contre le morcellement ;
  • Que les décrets correspondent à notre réalité.
Un grand merci à l'animateur de cet atelier (voir ci-dessous), ainsi qu'aux participants. 
Cédric Garcet
Conseiller pédagogique à la Fédération des Maisons de jeunes en Belgique Francophone (FMJ asbl) depuis 6 ans, Cédric a suivi un parcours qui lui a fait découvrir différentes facettes du métier de l’animateur. Dans un premier temps, il a été animateur d'enfants, d'adolescents ou encore, de jeunes adultes. Ensuite, coordinateur de Maison de Jeunes, et actuellement à la FMJ, il a l’occasion, entre autres, d’animer des modules de formations à l’attention des animateurs.

Pour aller plus loin :
  • Résistons ensemble, énonçons nos revendications !
    Nous vous proposons de nous envoyer les difficultés concrètes que vous rencontrez dans votre métier d'animateur. Ceci nous permettra d'alimenter un texte collectif de revendications.
    >Merci d'envoyer cela à nadia(at)c-paje.info
  • La mobilisation du secteur non marchand contre la menace de mesures d'austérité.
    >Consultez la rubrique "Nos meilleurs vœux d'austérité" de la  newsletter du c-paje de janvier 2014
  • Comme le dit bien Lucien Putz sans sa  « Lettre ouverte aux femmes et hommes politiques » (que nous vous invitons vivement à lire ) :
    « Nous vivons quelque chose qui ressemble à la fin de l'idéal démocratique (...) à cause de la mainmise des marchés sur les institutions européennes et du manque de volonté politique de nos élus, de la dilution de tout idéal et projet dans les sphères kafkaïennes de l'Union européenne (...) Je n'exprime pas la haine des élus (...) mais au contraire un attachement frustré. C'est en tant que citoyen que je leur adresse, modestement mais fermement, un appel, et un simple rappel. Avant qu'il ne soit trop tard, pour eux, et pour nous. Cette lettre est une petite arme dérisoire, un pistolet à eau à ajouter à la panoplie déjà existante... Une arme ludique, et pédagogique, tout de même, - ce n'est pas moi qui le dit. Parce que le politique doit reprendre la main, vite. » - Extrait du blog de l'auteur
  • Un article du "Courrier international" sur la manifestation organisée à Madrid en décembre 2013. Sous le slogan "Non à la loi-muselière", plusieurs milliers de personnes ont exprimé leur désaccord contre un texte adopté en novembre 2013 portant notamment une atteinte à la liberté de manifester.  
    >Lisez cet article

mardi 7 janvier 2014

Désobéissance civile ou devoir citoyen ? (atelier "débattons-nous!")

Présentation de l'atelier
La désobéissance civile est un moyen de lutte citoyenne. Elle vise à contester un ordre juridique considéré comme injuste en refusant, ouvertement ou non, d'obéir. L'objectif étant de faire changer ou d'abolir la loi dite injuste. Justifiée par la référence à des principes, valeurs ou éthiques, ces actions se mènent de façon collective, quoi que faisant toujours appel à la responsabilité individuelle, et servant l’intérêt général. Si le rôle de l'animateur est de former des citoyens responsables, actifs et critiques pourriez-vous envisager la désobéissance civile comme outil de travail avec vos jeunes ? À partir de quelques expériences, nous nous interrogerons ensemble sur ce mode d'action.


Conclusion du travail des groupes
La notion de désobéissance civile est intimement liées aux finalités des associations telles que OJ, CJ, MJ, EP puisque ces associations travaillent à l'émancipation des publics, à leur conscientisation aux enjeux sociétaux, au renforcement de leurs capacités critiques et notamment de leur capacité à dire NON.
Dès lors, on peut considérer que la désobéissance civile est une manifestation de différentes intensités de l'esprit critique : le curseur est déterminé par les animateurs, les jeunes et leurs institutions : cela peut aller de l'occupation du Forem de Verviers par les jeunes, à l'inscription dans la rue de fausses pistes cyclables, à la découverte de mouvements altermondialistes et de leurs objectifs en classe ou en association ou encore au refus des animateurs de compléter des formulaires « qualité » demandés par les subsidiants européens.
Les questions liées à l'utilisation de la Désobéissance Civile restent nombreuses après l'atelier et méritent d'être creusées :
  • quelles valeurs à défendre de cette façon ?
  • quels risques et conséquences encourus par les Jeunes et les Animateurs et les institutions ?
  • quelle responsabilité assumer en cas de sanction financière, judiciaire... ?
  • comment maîtriser sa peur qui conduit souvent à limiter ou supprimer son action ?
  • quand désobéir, jusqu'où aller ?
  • jusqu'où cautionne-t-on le système, à partir de quand celui-ci devient-il insupportable ?
  • notre travail n'est-il pas plus d'apprendre aux jeunes à désobéir en forgeant leur esprit critique plutôt que de réaliser avec eux des actes de Désobéissance Civile  ?
  • notre travail permet-il aussi de nous réunir en tant que professionnels et de recourir à ce type d'actions ?
  • quel pouvoir ai-je vraiment ?
  • quel pouvoir ai-je pour changer les choses ?
  • la Désobéissance Civile est-elle un moyen effectif pour changer les choses et permettre d'autres possibles ?

Un grand merci aux personnes ressources de cet atelier (voir ci-dessous), ainsi qu'aux participants. 
Delphine Masset 
Delphine viendra témoigner de son expérience de désobéissance civile chez les jeunes écolos BruxellesElle travaille par ailleurs à Action et recherches Culturelles, association en Éducation Permanente.
Fabian Vigne
Après des études en sociologie pour comprendre le monde afin de le changer, Fabian a travaillé pendant 3 ans et demi comme animateur et travailleur sans emploi à la FGTB de Verviers où il animait pour le groupe mais aussi dans des écoles, maisons de jeunes,... des ateliers de désobéissance civile non violente tout en prenant part à des actions de désobéissance civile telles que No Border,camp action climat, centres sociaux autogérés, groupe militant autonome,...

Aviv Rivera
Animateur et formateur, il participe à plusieurs initiatives de désobéissance civile à titre individuel.



Avant d'envisager une action...